Question bête, mais où est-ce qu’on range le contexte d’une phrase ?
Je reprends. Le week-end passé, Anderlecht a gagné au Cercle de Bruges, une victoire étriquée obtenue dans les derniers instants. Après le match, Vitor Bruno a déclaré : « Jouer mal et prendre les trois points à chaque match ? Ou est-ce que je peux signer pour ça ». La phrase a été analysée et critiquée. Puis, en conférence de presse avant le Dinamo Zagreb, il a dit : « Il ne faut pas sortir cette phrase de son contexte, j’ai aussi dit que nous avons déjà réalisé de bonnes performances cette saison. Je veux aussi développer un football attrayant, et nous y sommes déjà parvenus ».
Donc la phrase avait une maison, et quelqu’un l’a fait sortir. J’ai ouvert mon carnet, onglet « expressions », et j’ai dessiné la phrase avec, autour, ses voisines : les bonnes performances, le football attrayant. Une phrase seule, ça fait polémique. Une phrase avec sa famille, ça fait une conférence.
Deuxième question bête : signer où ? On m’explique que c’est une façon de parler, que personne ne tend vraiment un bic à l’entraîneur. D’accord, mais encore ? Dans le foot, on signe beaucoup. Des contrats, des maillots, et maintenant des matchs mal joués.
J’ai aussi noté que le Dinamo Zagreb joue, selon lui, dans un 4-3-3 intense, que c’est la meilleure équipe de Croatie, et qu’Anderlecht a perdu son premier match de la phase de ligue contre Lyon. Le Dinamo, lui, a partagé l’enjeu contre l’Hapoel Beer Sheva. Partager l’enjeu, encore une expression. Mon carnet n’a plus assez d’onglets.
Une phrase hors de son contexte. De mon temps, on n’en disait qu’une, et elle n’en avait pas.
Il a enfin dit : « Pour être chanceux, il faut travailler beaucoup. Ce que nous construisons à Anderlecht prendra du temps. » Je l’ai recopiée en entier, avec tout ce qu’il y avait autour. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.







