Como a battu Manchester United 4-1 en Ligue des champions. Mercredi. Au Sinigaglia. J’ai lu la chose à la friterie, sur le GSM de mon voisin, parce que mon hebdomadaire n’avait pas encore eu le temps d’être fier.
Nico Paz a 22 ans. Il a ouvert le score en moins de deux minutes. Il a servi Tasos Douvikas en début de seconde période. Puis il a pris le ballon à Carlos Baleba, couru 25 mètres, et conclu. Homme du match. Rien à redire. Un bon match se regarde, il ne se commente pas.
Roberto Martinez l’a commenté. Il est observateur technique pour l’UEFA. Il a écrit, sur le site officiel : « C’était comme regarder Maradona, regarder ce genre de joueur qui porte l’équipe sur ses épaules. »
En 1980, il n’y avait pas d’observateur technique. Il y avait un monsieur au café qui disait que le petit était bien. Le lendemain, le journal disait la même chose, en plus court. Je ne critique pas. Je compare.
Maradona, on ne le comparait à personne. C’était lui la comparaison. Maintenant, on le prête. Un mercredi soir, sur internet, à un garçon de Como.
Marcel, le ballon pris à Baleba, c’est du pressing haut. Je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze.
Martinez a aussi écrit : « J’adore le toucher clinique de Nico. » Clinique. On parlait de pieds, autrefois. Il a conduit le Portugal à la victoire en Ligue des nations en 2025. Une compétition qui n’existait pas quand on savait encore ce qu’était un match amical.
Des amicaux, Nico Paz en a joué. Il a marqué lors de trois matchs consécutifs avec l’Argentine. Et samedi, Como recevait Sassuolo. Il n’était pas dans le onze de départ. Trois jours après Maradona, pas titulaire. Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre ce progrès-là.
Le garçon a parlé d’une des nuits les plus spéciales de sa vie. Celle-là, je la lui laisse.
Le fait est vrai, on a vérifié : Football Italia.






