Alors, tactiquement, il faut regarder le deuxième but. Como a battu Manchester United 4-1 en Ligue des champions, mercredi, au Sinigaglia, et tout le monde parle de Maradona. Moi, je parle du pressing. Cesc Fabregas a voulu un pressing haut. Nico Paz a pris le ballon à Carlos Baleba, il a couru 25 mètres, puis il a conclu. Trois gestes. Une intention claire. C’est exactement ce que j’ai dessiné dans ma farde, page quatre, avec une flèche.
Le reste de la soirée du garçon, je le recopie tel quel parce que ça se respecte : Nico Paz, 22 ans, a ouvert le score en moins de deux minutes. En début de seconde période, il a servi Tasos Douvikas, sa troisième passe décisive de la phase de ligue. Deux buts, une passe, homme du match. Je m’incline. Mon vestiaire aussi, le jour où il aura vu la vidéo.
Roberto Martinez, ancien sélectionneur de la Belgique, observateur technique pour l’UEFA, a écrit sur le site officiel : « On voyait l’espace qu’il avait. L’exécution était parfaite. » Il l’a comparé à Diego Maradona. Moi je retiens le mot espace. Chez nous, l’espace, sur le terrain 2, il est surtout en bas de la pente.
J’ai essayé le pressing haut à l’entraînement. Le principe tient. Mon numéro 10 récupère le ballon, il court ses 25 mètres, mais en montée, et il arrive devant le but avec l’envie de s’asseoir sur la barrière. Le geste est le même. À un terrain plat près, hein.
Un pressing, Freddy. De mon temps on appelait ça courir après le ballon. Je ne critique pas. Je compare.
Il y a un détail qui m’a parlé encore plus. Samedi, pour le match à domicile contre Sassuolo, Nico Paz n’était pas dans le onze de départ de Como. Homme du match le mercredi, absent du onze le samedi. Je connais le dilemme du mister : la feuille de match, le stylo, le joueur en forme. Sauf que moi, quand je laisse mon meilleur hors du onze, c’est parce qu’il devait aller chercher les enfants.
Le fait est vrai, on a vérifié : Football Italia.



