Deuxième journée de la phase de ligue. J’ai relu la phrase deux fois, à la friterie, dans mon hebdomadaire. Une coupe d’Europe avec des journées. Une coupe avec un classement. Je ne critique pas. Je compare.
De mon temps, une coupe se jouait en aller et retour, et on savait le soir même si on continuait. Aujourd’hui, Anderlecht a perdu contre Lyon et on me dit que tout va bien, qu’il reste des journées. Le Dinamo Zagreb a partagé l’enjeu contre l’Hapoel Beer Sheva. Partager. Dans une coupe. Enfin.
Vitor Bruno décrit le Dinamo comme la meilleure équipe de Croatie, dans un 4-3-3 intense. Il devra se passer de Giulian Biancone dans l’axe. Il annonce quelques petits changements. Il dit avoir perdu douze joueurs durant la trêve, dont cinq titulaires au Cercle. La trêve. Encore une chose qui arrive au milieu d’une saison.
Puis il y a la phrase. Après la victoire étriquée au Cercle de Bruges, obtenue dans les derniers instants, il a dit : « Jouer mal et prendre les trois points à chaque match ? Ou est-ce que je peux signer pour ça ». On l’a analysée. On l’a critiquée. En conférence de presse, il a demandé qu’on ne la sorte pas de son contexte.
En 1980, un entraîneur disait une phrase le dimanche, elle paraissait le mardi, et le mercredi tout le monde l’avait oubliée. Il n’avait pas besoin de revenir le jeudi la remettre à sa place.
Question bête, mais en 1980, les phrases avaient déjà un contexte ?
Elles avaient un journal. C’était suffisant.
Il a aussi dit : « Ce que nous construisons à Anderlecht prendra du temps. » Là-dessus, je suis d’accord. Six cents supporters ont fait le déplacement en Croatie. Ils verront jeudi la deuxième journée d’une coupe. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.




