Alors, tactiquement, je commence par le chiffre. Douze. Vitor Bruno a déclaré : « Durant la trêve, j’ai perdu douze joueurs. Cinq étaient titulaires au Cercle, et pourtant, dans l’énergie montrée, je suis très content ». J’ai lu ça dans Walfoot, à la buvette, la jatte de café posée sur ma farde de compos. Et j’ai eu un frisson de collègue.
Douze joueurs. Moi, j’en perds quatre par semaine sans trêve du tout : un mariage, une garde, un covoiturage qui ne démarre pas, et le quatrième qui ne répond plus au GSM depuis vendredi. Je ne me plains pas. Je constate que le problème est le même à tous les étages. À un terrain plat près, hein.
Ensuite, il y a Biancone. Anderlecht devra s’en passer dans l’axe défensif contre le Dinamo. Et en face, Vitor Bruno décrit la meilleure équipe de Croatie, dans un 4-3-3 intense. Un 4-3-3. Moi, je réponds toujours à ça par un 4-4-2, le seul système honnête, mais je ne vais pas lui dire quoi faire, il a ses intentions.
Il annonce quelques petits changements dans l’équipe. Petits. J’apprécie le mot. Chez moi aussi les changements sont petits, il y en a cinq, dont deux pour aller chercher les enfants.
Et puis la fameuse phrase après la victoire étriquée au Cercle, obtenue dans les derniers instants : « Jouer mal et prendre les trois points à chaque match ? Ou est-ce que je peux signer pour ça ». Elle a été analysée et critiquée. En conférence de presse, il a demandé de ne pas la sortir de son contexte. Je comprends. Moi, je dis la même chose tous les dimanches dans le vestiaire préfabriqué, et personne ne l’analyse, à part le délégué qui la note dans sa farde au cas où.
Signer pour gagner en jouant mal, c’est une honte. Je pèse mes mots. Enfin, trois points, il y a du positif.
Il a aussi dit : « Pour être chanceux, il faut travailler beaucoup. » Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze. Jeudi soir, 600 supporters d’Anderlecht seront en Croatie. Chez nous, à trois heures dimanche, on sera vingt-deux, buvette comprise.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.




