Fernando Roig a repris Villarreal en mai 1997. Il est toujours là. Trente ans. La présidence la plus longue d’Europe.
J’ai lu ça à la friterie, dans le journal du lundi. J’ai relu. Un président qui reste. Je croyais que l’espèce avait disparu avec les tribunes debout.
Quand il arrive, le club n’a jamais joué en première division. Environ 1 500 membres. Une dette proche de 80 millions d’euros. Son premier match, un dimanche soir en deuxième division : 3-0 contre Badajoz. Un dimanche soir. Notez que je ne suis pas contre le dimanche soir. Je préfère trois heures.
Il explique l’avoir repris parce que toutes ses usines de céramique sont dans la région, et qu’il voulait « rendre quelque chose » à la province de Castellón. Rendre quelque chose. Aujourd’hui, on achète un club pour le revendre. Je ne critique pas. Je compare.
Depuis, selon lui, trois promotions, deux relégations, la dernière en 2012. Cette année-là, il a vendu 2,4 % sur les 9 % qu’il détenait dans Mercadona pour équilibrer les comptes. Il a vendu une part de supermarché pour son club. En 1980, on vendait des tickets de tombola. Le principe était le même. L’échelle, moins.
Et il souffre encore. « C’est très stressant pour moi », a-t-il dit au Guardian. Après plus de 1 000 matches. Moi aussi, ça me stresse, depuis Anderlecht-Standard 1976. On ne s’habitue pas. C’est même à ça qu’on reconnaît quelqu’un qui aime.
Trente ans, c’est historique. Je pèse mes mots.
Mardi, Villarreal va à Anfield. La cinquième fois contre Liverpool, la troisième là-bas, selon lui. Il souffrira. Il ira mieux le lendemain, dit-il. Puis samedi, Elche. Il souffrira encore. Trente ans de souffrance, et il ne s’en va pas. Enfin. C’est l’époque, mais pas pour lui.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Guardian.





