Alors, tactiquement, il faut parler gestion. Fernando Roig, président de Villarreal depuis bientôt trente ans, a été relégué en 2012. Pour équilibrer les comptes, il a vendu 2,4 % de ses 9 % dans le supermarché Mercadona. J’ai lu ça avec ma farde ouverte sur la table de la cuisine, et j’ai regardé la ligne « recettes buvette ».
Nous, notre mercato, c’est la buvette qui le finance. Un ballon et un jeu de chasubles. Lui vend des parts de supermarché. Le principe, c’est le même, hein : quelqu’un met de sa poche. À un supermarché près.
Il a repris le club en mai 1997. Jamais joué en première division, environ 1 500 membres, une dette proche de 80 millions d’euros. Premier match : un dimanche soir en deuxième division, 3-0 contre Badajoz. Je connais ça, le premier match où rien ne marche. Moi, c’était en pente, sous la drache.
Et ce qui me touche, c’est qu’il souffre. « C’est très stressant pour moi », a-t-il dit au Guardian. Plus de 1 000 matches, et il souffre à chaque fois, puis va mieux le lendemain. Moi, c’est pareil, le lundi je regarde le classement de P3 comme un verdict, et le mardi ça repart.
Un président qui paie et qui reste. En 1980, on appelait ça un président.
Mardi, Villarreal va à Anfield. Selon lui, la troisième fois là-bas, la cinquième contre Liverpool. La veille de l’entretien, ils avaient battu Napoli. Et samedi, Elche, qu’il a déjà rangé dans les moments de souffrance. Il planifie sa souffrance comme moi mes changements, dont deux pour aller chercher les enfants.
Je vais proposer au président de notre club de vendre quelque chose. Il ne m’a pas encore répondu. Il me répondrait, je suppose, qu’il n’aurait pas de supermarché.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Guardian.


