Frédéric De Meyer a trouvé une formule après la défaite de STVV contre Westerlo. « Le football n’est pas un Playstation : tu ne peux pas tout déterminer à l’avance. » Comprendre : ses joueurs ont des jambes, un cerveau, parfois ils choisissent, et ce n’est pas toujours le choix qu’il avait prévu.
Je ne critique pas. Je compare. En 1980, le constat existait déjà, mais personne n’en faisait un article. Un joueur ratait une consigne, l’entraîneur criait, et on passait au mercredi. Le mot « consigne » lui-même avait quelque chose de plus sobre.
Aujourd’hui, on a l’expression « exécuter le plan » comme si le football était une instruction administrative. On dit « il n’a pas fait le bon choix » comme si le bon choix existait sur une feuille.
De mon temps, le choix appartenait au porteur du ballon, pas à un plan. Le mister dessinait sur un carton, on levait la main pour dire qu’on avait compris, et ensuite la pluie, le vent et la pente décidaient à sa place. Personne ne parlait de cible ni d’exécution. On disait : envoie devant, et on verra bien.
De Meyer n’a pas d’avant-centre cible, pas de grande tête où balancer de longs ballons. Il doit donc construire, relancer depuis l’arrière, prendre des risques, et s’en expliquer après chaque perte de balle.
Avant, on n’avait pas besoin de justifier l’absence de cible. On jouait simple, et quand ça ratait, on allait boire un verre. Personne ne disait que ce n’était pas une PlayStation, parce que la PlayStation n’existait pas. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Voetbalkrant.






