Alors, tactiquement, Luis Enrique a tout dit en une phrase. Avant d’aller à Strasbourg, l’entraîneur du PSG a expliqué en conférence de presse ce qu’il attend de ses joueurs : « Tu dois courir comme un fou, et jouer au foot à merveille, c’est facile. »
J’ai recopié ça dans ma farde, page des consignes, sous « rentrer les chasubles dans le sac ». Deux exigences. Pas de bloc, pas de transitions, pas d’intentions. Moi j’ai quatre pages de schémas et mon vestiaire ne les lit pas. Lui, il a deux lignes. J’ai compris mon erreur : j’en mets trop.
Mardi, j’ai donc fait la causerie version Luis Enrique. J’ai réuni les gars devant le préfabriqué et j’ai dit : « Vous courez comme des fous, vous jouez à merveille, c’est facile. » Ça a duré onze secondes. Mon record, c’est vingt-cinq minutes, avec le GSM qui vibre au milieu.
Sur la première partie, je dois être honnête, on est déjà au niveau. Courir comme des fous, mon arrière droit le fait très bien. Dans toutes les directions, souvent sans le ballon, parfois vers la buvette. L’intensité, elle y est. C’est la direction qu’on travaille.
La deuxième partie, « jouer à merveille », j’ai voulu la décomposer en exercices. Je n’ai pas trouvé l’exercice. J’ai cherché dans mes notes du diplôme UEFA B, celui que je passe depuis 2011. Il n’y a pas de chapitre « merveille ». Il y a un chapitre « conduite de balle », on s’y est mis à deux cônes.
Ce qui me frappe, c’est le « c’est facile » au bout. Ça, c’est un mot d’entraîneur. Je le dis aussi, le dimanche à trois heures, quand on est menés et qu’il reste vingt minutes. Personne ne me croit, mais le mot est juste. Le niveau en P3 a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte : on a les mêmes causeries que le PSG, il nous manque juste ce qu’il y a entre les deux phrases.
Question bête, mais si c’est facile, pourquoi il faut l’expliquer en conférence de presse ?
Dimanche, mon arrière droit a couru comme un fou pendant nonante minutes. Je l’ai noté dans la farde. Pour la merveille, j’ai laissé la case vide.
Le fait est vrai, on a vérifié : franceinfo.







