Luis Enrique, l’entraîneur du PSG, a donné sa philosophie du football avant le match à Strasbourg. Je l’ai recopiée mot pour mot dans mon carnet : « Tu dois courir comme un fou, et jouer au foot à merveille, c’est facile. »
J’ai ouvert un onglet nouveau. Il s’appelle « Facile ». Il est très court pour l’instant.
Question bête, mais je croyais que le football était compliqué. Depuis septembre, on m’a expliqué le hors-jeu trois fois, le bloc bas deux fois, et le temps additionnel jamais vraiment. J’ai un onglet « Pressing » de onze pages. Et un des entraîneurs les plus suivis d’Europe résume tout en deux consignes et un adjectif.
Alors j’ai pris les deux consignes une par une, dans le train de 7 h 32.
« Courir comme un fou. » D’accord. Mais comme quel fou ? Au basket, on court aussi, mais le terrain fait vingt-huit mètres, donc la folie a des limites. Au football, le terrain est beaucoup plus grand. J’en déduis que la folie doit être proportionnelle.
« Jouer au foot à merveille. » Ça, j’ai cherché une définition. Ce n’est pas dans le lexique qu’on m’a donné à mon arrivée. Il y a « jouer juste », « jouer simple », « jouer les coups à fond ». Pas « à merveille ». J’ai vérifié, et en fait personne ne sait exactement où commence la merveille.
Et puis « c’est facile ». J’ai compté : courir comme un fou plus jouer à merveille, ça fait deux choses très difficiles. Additionnées, elles deviennent faciles. Je ne suis pas forte en maths, mais je trouve ça plutôt encourageant.
Moi aussi je dis « c’est facile » à la mi-temps. C’est comme ça qu’on sait que ça ne l’est pas.
J’ai réessayé ma propre version au kot. Courir comme une folle jusqu’au frigo : réussi. Faire une omelette à merveille : on y travaille. L’onglet « Facile » reste ouvert.
Le fait est vrai, on a vérifié : franceinfo.




