L’entraîneur du PSG, Luis Enrique, a donné sa philosophie avant d’aller à Strasbourg. « Tu dois courir comme un fou, et jouer au foot à merveille, c’est facile. »
J’ai lu la phrase lundi, à la friterie. Deux fois. Pour vérifier qu’elle n’avait pas changé.
Courir comme un fou. En 1980, on ne demandait pas cela. On demandait de courir. Le fou, on le laissait en tribune. Il y en avait toujours un, il criait, c’était sa place. Aujourd’hui, on veut le fou sur le terrain. La tribune s’est vidée de son fou. Je ne critique pas. Je compare.
Jouer à merveille. Le mot me plaît. C’est un vieux mot. On ne l’entend plus beaucoup dans les conférences de presse, où l’on préfère les intentions et les transitions. Je note qu’un entraîneur de maintenant le dit encore. Cela m’a fait quelque chose.
Puis il y a « facile ».
Anderlecht-Standard 1976, je l’ai vu debout, sous la drache. Personne n’a couru comme un fou. Certains ont joué à merveille, d’autres moins. Aucun n’a dit que c’était facile. Ce n’était pas la mode de le dire. On le pensait peut-être, dans le vestiaire. On le gardait pour soi.
Moi je trouve que c’est une philosophie historique. Je pèse mes mots.
Notez que je ne suis pas contre la course. Je suis contre cette course-là, qui doit être folle pour compter. De mon temps, un joueur qui marchait avec le ballon et le donnait juste, on l’appelait un meneur. Il ne courait pas comme un fou. Il jouait à merveille. La moitié de la phrase suffisait.
J’ai replié mon hebdomadaire. Mon cornet était froid. J’avais marché jusqu’à la friterie, sans folie, et c’était facile.
Le fait est vrai, on a vérifié : franceinfo.




