Je ne supporte pas Manchester United. Enfin si, ce soir-là, un peu, parce qu’il fallait bien quelqu’un pour supporter quelque chose dans le groupe WhatsApp « Les Diables du dimanche ».
Mené 2-0 par la Roma, en Ligue des champions. Neuf matches sans victoire derrière. Là, c’est une honte. Je pèse mes mots. J’ai tapé « honte » dans le groupe, mon beau-frère a mis un pouce, il met un pouce à tout.
Et puis 58e minute, penalty de Bruno Fernandes. Ça repart. 3-2 à la fin. Là, c’est historique. Je pèse mes mots aussi. Douze membres, onze messages en deux minutes. Le douzième, c’est le beau-frère, il était au pouce.
Le capitaine, il revenait de loin. Mis sur le banc après avoir critiqué publiquement les choix tactiques de Michael Carrick, suite à une défaite 4-1 à Como. Puis réintégré contre Chelsea, défaite encore. Moi, j’aurais déjà écrit trois messages vocaux.
Après le match, sur Amazon Prime, il a dit : « Le club avait besoin de cette victoire, les joueurs avaient besoin de cette victoire. Nous travaillons très dur pour sortir de cette situation, tous ensemble. » Tous ensemble. Le groupe vit bien, ça se voit.
Il a aussi dit que nous n’avions besoin de sauver l’emploi de personne. J’ai relu deux fois. J’ai trouvé ça rassurant, puis inquiétant, puis rassurant. Mon thermomètre a fait les trois en une phrase.
Question bête, mais si personne ne sauve l’emploi de personne, qui l’a mis en danger ?
Le capitaine a précisé que sa confiance envers l’entraîneur, le staff et chaque joueur ne change pas. Moi non plus, je ne change pas. J’ai épinglé le message « historique » au-dessus du message « honte », dans le même groupe, à onze minutes d’écart. Maintenant, on prend match après match, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : BBC Sport.






