Manchester United a battu la Roma 3-2. Mené 2-0. Penalty de Bruno Fernandes à la 58e minute, et la remontée a suivi. Neuf matches sans victoire, terminés. J’ai lu ça le lundi, à la friterie, dans mon hebdomadaire. Le score n’avait pas changé.
Ce qui m’intéresse est autour du score. Le capitaine avait critiqué publiquement les choix tactiques de son entraîneur, Michael Carrick, après une défaite 4-1 à Como. Il a été mis sur le banc. Puis réintégré contre Chelsea.
En 1980, un capitaine qui avait un avis le donnait dans le vestiaire. Porte fermée. Le lendemain, on ne savait rien. C’était très bien de ne rien savoir.
Aujourd’hui, il y a l’avis public. Puis la sanction. Puis la remontée. Puis l’interview, sur Amazon Prime, où le capitaine dit : « Tout le monde pensait que c’était une punition pour mes propos. Si c’en était une, elle était juste. C’est l’entraîneur qui prend les décisions. »
Il a dit aussi : « Nous n’avons besoin de sauver l’emploi de personne. » Je ne critique pas. Je compare. De mon temps, personne ne parlait de l’emploi de l’entraîneur. On le découvrait dans le journal, un mardi.
Moi, mon vestiaire, il n’a pas besoin d’Amazon : il a le délégué.
Il reste la remontée, et je la reconnais. Deux buts de retard, un penalty, trois buts. Cela, en 1980, arrivait aussi. Sans plateforme. Le capitaine a ajouté que cela ne change rien à son envie de gagner chaque match qu’il a devant lui. J’ai replié mon hebdomadaire. Le cornet était froid. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : BBC Sport.



