Alors, tactiquement, il faut commencer par le banc. Pas celui de la Roma, celui de Manchester United, où Bruno Fernandes s’est retrouvé après avoir critiqué publiquement les choix de Michael Carrick, suite à une défaite 4-1 à Como.
Chez moi, un joueur qui critique mes choix, il le fait à la buvette, devant une jatte de café, et le délégué note dans sa farde. Pas à la télévision. Mais le principe est le même : le lundi, on s’explique ; le dimanche, il regarde depuis l’essuie.
Bruno a été réintégré lors d’une autre rencontre, contre Chelsea en Premier League, une défaite. Et contre la Roma, en Ligue des champions, United est mené 2-0. Penalty du capitaine à la 58e minute, ça lance la remontée, 3-2 au bout. Fin d’une série de neuf matches sans victoire. Neuf. Moi, après neuf, le président parlerait de moi au conditionnel. Il le fait déjà, remarquez.
Et puis l’interview, sur Amazon Prime. Bruno, 32 ans, dit : « Tout le monde pensait que c’était une punition pour mes propos. Si c’en était une, elle était juste. C’est l’entraîneur qui prend les décisions. »
J’ai imprimé la phrase. Je l’ai scotchée dans le vestiaire préfabriqué, à côté du tableau du 4-4-2, le seul système honnête. Mon numéro 10 l’a lue pendant que mon GSM vibrait. Il m’a demandé si c’était une menace. Je lui ai dit que c’était de la culture générale.
Il y a aussi cette autre phrase : « Nous n’avons besoin de sauver l’emploi de personne. » Là, je suis plus prudent. Dans ma P3, quand un joueur dit ça, j’ai l’habitude de vérifier mes clés de la buvette.
Une remontée à 2-0, c’est historique. Je pèse mes mots.
Mais la remontée, je la prends. Mené 2-0, un penalty du capitaine pour relancer, et on y croit. Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze. Dimanche, à trois heures, mon 10 commence sur le banc. Pas en sanction. Pour qu’il ait le temps de lire.
Le fait est vrai, on a vérifié : BBC Sport.



