Alors, tactiquement, la Ligue de football professionnel vient de faire un pas vers nous. Ce week-end, sur toutes les pelouses de Ligue 1 et de Ligue 2, les noms des joueurs seront flous dans le dos. C’est pour la Journée mondiale de la vue, avec Essilor : l’idée est de pousser les fans à faire tester leurs yeux.
Moi, des noms dans le dos, je n’en ai jamais eu. Nos maillots ont des numéros thermocollés, et le 9 a perdu sa boucle à la troisième lessive. Depuis deux saisons, mon avant-centre porte donc un trait. L’arbitre l’appelle « monsieur le 1 ». Je le vouvoie pour corriger, il ne corrige pas.
Donc quand je lis que le flou s’affichera sur les écrans géants, sur les LED, jusqu’à l’arche protocolaire, je me dis qu’à Lyon, pour OL-Nice, ils vont découvrir mon quotidien. Le défenseur qui se retourne pour voir qui il marque et qui doit se fier à la coupe de cheveux. Ça, je le travaille le mardi. Le marquage à la silhouette.
Olivier Bramly a dit : « Le football a une capacité unique à rassembler et à faire passer des messages au plus grand nombre. » D’accord avec lui. Chez nous, le message passe par le délégué, qui lit les numéros sur sa farde à voix haute avant le match, et chaque dimanche quelqu’un répond « présent » pour un autre.
Freddy, ton 9 en forme de 1, c’est une honte. Je pèse mes mots. Mais pour une campagne de prévention, c’est presque historique.
Il y aura aussi un test de vue en ligne et un jeu digital autour du flou. Je vais le faire passer au vestiaire. Pas pour les yeux. Pour savoir enfin qui, sur la photo d’équipe, est le gars au fond à gauche qui vient à la buvette mais jamais à l’entraînement.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.







