Alors, tactiquement, Ivan Leko a raison. Je le dis comme collègue. Le Club de Bruges gagne, et son entraîneur est préoccupé. Dans un entretien à Het Nieuwsblad, il trouve que son équipe « joue avec le feu » depuis quelques semaines. Lokeren, le RC Lens, le STVV : trois matchs qui ont fait sonner l’alarme chez lui. Bruges s’en est sorti à chaque fois, et selon lui, il ne peut pas continuer à compter là-dessus.
Moi, l’alarme, je l’entends tous les dimanches à trois heures. Elle s’appelle le terrain 2. On mène, on recule, la pente fait le reste.
Mais ce qui m’a parlé, c’est la suite. Après la belle prestation contre l’Inter Milan, il trouve de plus en plus difficile de garder ses jeunes affûtés, parce que les compliments n’aident pas. « Maintenant tout le monde nous lance des fleurs et nous sommes top, alors que nous ne le sommes vraiment pas encore », a-t-il dit. Je connais. On a gagné deux matchs d’affilée en septembre, la buvette a affiché la photo de l’équipe à côté du tableau des prix. Le dimanche d’après, mon arrière droit est arrivé avec des crampons neufs et une coiffure. Il a perdu le ballon à la deuxième minute. Le délégué l’a noté dans sa farde, à la page « compliments ».
Leko veut retrouver le Club de la deuxième mi-temps contre Aston Villa, l’Inter et Lens. « Nous devons garder cette motivation et cette faim », a-t-il dit. Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze. J’ai décroché la photo de la buvette ce lundi. Le collectif d’abord.
Une photo de l’équipe à la buvette en septembre. En 1980, on attendait au moins la Toussaint.
Il dit aussi que les prix ne se distribuent pas en octobre ou en novembre, mais en avril ou en mai. Chez nous, c’est le tour final. Et que la stabilité n’est pas atteinte, qu’il reste beaucoup de marge. À un terrain plat près, hein, c’est exactement mon discours d’avant-saison.
Le fait est vrai, on a vérifié : VoetbalPrimeur.be.







