Bruges gagne. Ça, c’est historique. Je pèse mes mots. Un club belge qui sort une belle prestation contre l’Inter Milan, je l’ai envoyé dans le groupe des Diables du dimanche avec trois drapeaux.
Et puis j’ai lu Ivan Leko dans Het Nieuwsblad, au kicker du café. L’entraîneur est préoccupé. Il trouve que son équipe « joue avec le feu » depuis plusieurs semaines. Lokeren, le RC Lens, le STVV : l’alarme a sonné chez lui à chaque fois. Bruges s’en est sorti, mais selon lui il ne peut pas compter éternellement sur une issue favorable.
Alors là, je ne sais plus où mettre le thermomètre. On gagne, et le mister se dit préoccupé. Pour lui, ce n’est ni historique ni une honte : c’est une issue favorable sur laquelle on ne peut pas toujours compter. Je pèse mes mots, mais lui aussi, apparemment.
Le pire, c’est qu’il parle de moi. « Maintenant tout le monde nous lance des fleurs et nous sommes top, alors que nous ne le sommes vraiment pas encore », a-t-il dit. Les fleurs, c’est mes trois drapeaux. Il trouve que les nombreux compliments n’aident pas ses jeunes à rester affûtés. J’ai effacé un drapeau. Pas les trois, je ne suis pas de pierre.
Le compliment, c’est comme la pente : ça fait descendre plus vite que prévu.
Il veut revoir le Club de la deuxième mi-temps contre Aston Villa, l’Inter et Lens. Garder « cette motivation et cette faim ». Il dit qu’avant Milan, Bruges était « assez bon pour la Belgique, mais pas suffisant pour exister en Ligue des champions ». Assez bon pour la Belgique. Ça, c’est une honte et c’est historique dans la même phrase. Je ne dis pas ça parce que je suis supportrice. Enfin si.
Il rappelle aussi que les prix se distribuent en avril ou en mai, et que la stabilité n’est pas encore là. J’ai mis le thermomètre au milieu, pour la première fois de ma vie. Il fait caillant au milieu. Maintenant, on prend match après match, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : VoetbalPrimeur.be.




