Alors, tactiquement, la blague d’avant-match, c’est un exercice. Jacob Friis, sélectionneur danois de la Finlande, l’a tentée vendredi 2 octobre en conférence de presse, avant Finlande-Albanie, samedi à 15h à Helsinki. Il a fait un parallèle avec le drama Cristiano Ronaldo chez les Portugais : « Hier (jeudi), aucun des joueurs n’est parti en jet privé, donc ils sont tous disponibles. J’ai donc l’embarras du choix ».
Personne n’a ri dans la salle. Moi, ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze.
Alors dimanche, avant le match, j’ai rejoué le coup. Farde ouverte, essuie sur l’épaule. J’ai dit : « Hier, personne n’est parti en jet privé, donc tout le monde est disponible. » Silence dans le préfabriqué. Le gardien a demandé ce qu’était un jet. Le délégué a vérifié dans sa farde si on en avait un. Deux joueurs n’étaient pas là, ils allaient chercher les enfants. L’embarras du choix, chez moi, c’est quand j’en ai douze.
Friis, lui, a été plus courageux que moi : il est revenu à la charge en fin de conférence. « Vous n’avez pas compris la blague au début. » Un journaliste a répondu « Si ». Rires. Il a parlé du caractère des Finlandais, en riant jaune, et il a conclu : « Vous m’avez fait passer pour un imbécile ! ».
J’ai essayé aussi le retour en fin de causerie. J’ai dit : « Vous n’avez pas compris la blague. » Mon arrière droit a dit « Si ». Tout le vestiaire a ri. C’était la première action collective réussie depuis septembre.
Un entraîneur qui fait rire son vestiaire avant le match. En 1980, ça ne serait jamais arrivé.
On a perdu, mais il drachait. À un terrain plat près, hein, la blague passait du premier coup.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.





