Je le dis tout de suite, pour qu’on ne m’accuse pas de tourner ma veste en cours de route : je ne supporte pas Anderlecht. Mais un club belge qui cherche un titre depuis bientôt dix ans, ça me touche, comme supportrice de ce pays.
Samedi, Anderlecht a joué au Jan Breydel. Après la rencontre, Vitor Bruno, l’entraîneur portugais du club, a dit : « Si nous gagnons chaque match comme ça, nous serons champions, je n’ai aucun problème avec ce genre de victoire. Ce n’est pas l’objectif, mais je signe si c’est ce qui se passe ». J’ai lu ça sur Walfoot, au kicker du café, et j’ai senti mon thermomètre se bloquer.
Parce que moi, une victoire, c’est historique. Je pèse mes mots. Et lui, il dit « ce genre de victoire », comme on parle d’un temps gris en novembre. Il signe, mais ce n’est pas l’objectif. Historique, mais pas trop. J’ai essayé de faire pareil avec mon groupe WhatsApp, Les Diables du dimanche : douze membres, zéro qui a compris.
Walfoot raconte qu’après chaque performance moyenne, Vitor Bruno préfère voir le verre à moitié plein, et que les supporters ne sont pas dupes. Après la défaite à l’Union, il avait même fait un show face aux supporters. Moi, après une défaite, je ne fais pas de show. Je fais une honte, et je la pèse.
Le journal rappelle que René Weiler est le dernier entraîneur champion avec Anderlecht, et que cela fera dix ans en juin prochain. Un titre en 2026-2027, exactement dix ans plus tard, serait une délivrance, écrit Walfoot. Une délivrance, c’est mon mot préféré après historique.
Mon beau-frère, qui supporte l’autre club, m’a répondu par un pouce. Rien d’autre. Un pouce, c’est un verre à moitié plein, non peut-être.
Un verre à moitié plein reste un verre à moitié vide. On le savait déjà en 1980.
En octobre, Anderlecht doit encore aller à Zagreb, à Bialystok et au Beerschot. Trois déplacements. Maintenant, on prend match après match, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.




