Alors, tactiquement, il y a un poste que personne ne voit à la télé et que Mark van Bommel vient de mettre sur la table : le traducteur. Le sélectionneur parle néerlandais avec ses joueurs. Ses adjoints, Boudewijn Zenden et Maarten Martens, parlent français lorsque c’est nécessaire. Et quand ça ne suffit pas, il y a Youri Tielemans. « Certains joueurs, je pense à Youri Tielemans par exemple, jouent les traducteurs si besoin. Je crois sincèrement qu’il n’y a aucun souci sur l’aspect linguistique dans le groupe », a-t-il dit à Walfoot.
Ça, je l’ai aussi. Pas pour les langues : chez moi tout le monde parle hennuyer de vestiaire. Mais pour le vocabulaire. Quand je dis « bloc médian et transitions rapides », il y a un silence dans le préfabriqué. Alors le délégué lève la tête de sa farde et traduit : « Il veut que vous ne restiez pas plantés. » Et là, onze têtes hochent. Enfin, neuf. Deux étaient partis chercher les enfants.
Mardi passé, j’ai voulu faire comme les Diables et désigner un relais sur le terrain. J’ai pris mon médian, le seul qui lit les fardes. Résultat : il a traduit mon 4-4-2 en 4-5-1 parce que « ça sonnait mieux ». On a pris trois buts à l’entraînement contre les vétérans. À un terrain plat près, hein.
Le reste, c’est du foot. La Belgique a trois points, après la victoire 0-2 contre l’Italie et la défaite 0-1 contre la France au Stade Roi Baudouin. La Turquie est dernière, zéro point en deux matchs, mais Van Bommel a revu ses matches et compte ses occasions. Le sélectionneur dit qu’elle domine en expected goals et que son efficacité est sans doute son point de travail.
Freddy, ton délégué, c’est historique. Je pèse mes mots.
Une victoire vendredi à 20 h 45 mettrait les Diables six points devant les Turcs après trois journées. Moi, je garde mon délégué. Il traduit gratuit, et il ramène les cartes, une fois sur deux.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.




