La Turquie a joué deux matchs. Elle a perdu les deux. Elle n’a aucun point.
Et pourtant Mark van Bommel a revu ses matches, à la Coupe du monde et en Ligue des Nations contre la France et l’Italie. Il relève le nombre d’occasions créées. Selon lui, la Turquie a constamment dominé ses adversaires en expected goals. Son efficacité serait sans doute son point de travail.
J’ai lu cela à la friterie, lundi, dans mon hebdomadaire. J’ai relu. Les buts attendus. On attend donc des buts, maintenant, et on les compte même quand ils ne viennent pas.
En 1980, on comptait les buts marqués. C’était une colonne. Il y en avait une seule, et elle suffisait. Une équipe qui tirait beaucoup à côté, on disait qu’elle tirait beaucoup à côté. Personne n’en faisait un chiffre. Je ne critique pas. Je compare.
Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre ce progrès-là. Un chiffre qui console celui qui perd, c’est une politesse, pas une statistique.
Moi, mes expected goals, c’est quand le ballon ne descend pas la pente du terrain 2.
La Belgique a trois points. Une victoire 0-2 contre l’Italie. Une défaite 0-1 contre la France, au Heysel. Le sélectionneur a dit : « On veut gagner toutes les rencontres qu’on dispute, encore plus que ce sera à domicile. Le stade de Sclessin doit nous stimuler. » Sclessin. Au moins le nom n’a pas bougé.
Vendredi, 20 h 45. Pas un dimanche à trois heures. Une victoire mettrait les Diables six points devant la Turquie. Six vrais points. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.




