Lausanne menait 4-1 contre Thun à la 70e minute. Le match s’est terminé 4-5. Thun a marqué quatre buts en vingt minutes, et Luka Elsner n’est plus l’entraîneur de Lausanne-Sport. J’ai lu ça lundi matin, la farde de compositions encore ouverte sur la table de la cuisine, et j’ai refermé la farde.
Alors, tactiquement. À 4-1 à la 70e, il reste vingt minutes plus le temps additionnel. Chez moi, à 4-1, c’est le moment où deux joueurs demandent à sortir pour aller chercher les enfants. On passe en 4-4-1, puis en 4-3-1, et le délégué compte sur ses doigts. Je n’ai jamais perdu un 4-1. Bon, je n’ai jamais mené 4-1 non plus, mais le principe reste.
Le but décisif, c’est Brighton Labeau qui le marque, tard dans le temps additionnel. Ancien attaquant de l’Union. Et il n’a joué à l’Union qu’après le départ d’Elsner du club. Les deux se sont donc ratés à Bruxelles pour mieux se retrouver un week-end en Suisse, chacun d’un côté. Ça, même mon délégué ne l’aurait pas organisé, et il organise la tombola.
Dans son communiqué, rapporté par Voetbalkrant, le club écrit que « les résultats sont déterminants dans le football professionnel ». En P3 aussi, remarquez. La différence, c’est que chez nous, le président en parle au conditionnel, et que personne ne rédige rien.
Elsner, je le suis depuis le Standard, six mois. Puis Le Havre, qu’il a mené en Ligue 1 et maintenu. Reims ensuite, une demi-saison. Le KS Cracovia, quitté en avril, et Lausanne l’été dernier. Un collègue qui bouge, quoi. Moi, je suis arrivé parce que le précédent est parti à la pêche, et je n’ai pas encore trouvé de canne.
4-1 à la 70e, Freddy, c’est historique. 4-5 à la fin, c’est une honte. Je pèse mes mots, les deux.
Mardi, je fais travailler la gestion d’un 4-1. Enfin, d’abord il faudra qu’on mène 4-1, et qu’ils soient onze. J’ai déjà sorti les chasubles.
Le fait est vrai, on a vérifié : Voetbalkrant.




