Lausanne-Sport menait 4-1 contre Thun à la 70e minute. Thun a gagné 4-5. Le club a mis fin à sa collaboration avec Luka Elsner. J’ai lu ça lundi, à la friterie, et j’ai relu le score pour vérifier qu’il n’avait pas encore changé.
Le communiqué, que Voetbalkrant reproduit, parle de la dynamique sportive actuelle. En 1980, un club n’avait pas de dynamique. Il avait un classement. On le lisait dans le journal, et on comprenait. Je ne critique pas. Je compare.
Le même texte dit que les résultats sont déterminants dans le football professionnel. Ça, on le savait déjà. On ne l’écrivait pas. On remerciait l’homme, on lui serrait la main sur le parking, et le reste se lisait sur son visage. Ici, le club le remercie pour le travail fourni et pour la qualité de ses relations, puis lui souhaite beaucoup de succès. C’est poli. C’est long.
J’ai fait le compte de la carrière de Luka Elsner. Le Standard, six mois. Le Havre, mené en Ligue 1 et maintenu. Reims, quitté après une demi-saison. Le KS Cracovia, quitté en avril. Lausanne, rejoint l’été dernier. Un entraîneur, de mon temps, restait assez longtemps pour qu’on retienne sa manière de lacer ses souliers. Aujourd’hui on retient l’adresse du club suivant.
Il a dit lui-même, selon Voetbalkrant, que les médias polonais appelaient son équipe un cabaret, parce qu’il y avait un nouveau spectacle chaque semaine. Je retiens le mot. Quatre buts en vingt minutes, c’est un spectacle. Le dernier, de Brighton Labeau, ancien de l’Union, est venu tard dans le temps additionnel. Le temps additionnel. Encore une chose qui durait moins, avant.
Question bête, Marcel, mais en 1980, le temps additionnel, on savait combien il durait ?
Non. Mais on ne le demandait pas. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Voetbalkrant.




