Alors, tactiquement, Bruges a gagné 1-2 sur le terrain du PSV, en Ligue des champions. J’ai lu les déclarations d’Ivan Leko à HLN dans le vestiaire préfabriqué, la farde ouverte sur les genoux, pendant que le délégué cherchait les chasubles. Une phrase m’a arrêté : « Je ne garerai jamais le bus. »
Moi non plus. Pour une raison simple : on n’en a pas. On vient en quatre voitures, et la Clio de mon arrière gauche ne se gare pas devant un but, j’ai essayé à l’échauffement. Mais l’intention, je la partage. Leko dit qu’il aime prendre des risques et jouer pour gagner. C’est exactement ce que je dis le mardi, enfin quand ils sont onze.
Il a aussi expliqué ce qui a fait la différence : son équipe a marqué un but de plus. J’ai souligné ça au bic. Vingt ans que j’essaie de faire passer ce message dans ma causerie, et un entraîneur de Ligue des champions le formule en une phrase. Il ajoute que Bruges a eu un peu de chance, mais qu’elle l’a provoquée. Chez nous, la chance, c’est le terrain 2 : on sait de quel côté elle penche, on choisit le camp au toss.
Sur Carlos Forbs, Leko dit qu’il aurait pu mieux faire à plusieurs reprises en première mi-temps, qu’il était déçu à la pause, mais que le joueur a retrouvé de l’énergie. La pause, c’est là que tout se joue. Moi, à la pause, j’ai une jatte de café et un essuie mouillé, mais l’énergie revient aussi, surtout quand la buvette ouvre.
Il parle enfin de ce que Bruges réalise avec son budget, qu’il trouve « incroyable ». Le nôtre, c’est un ballon et un jeu de chasubles, financés par les frites. Je ne compare pas les chiffres, je compare la philosophie.
Freddy, ton bus, c’est la camionnette du délégué, et elle est garée sur le trottoir depuis 2019.
Dimanche à trois heures, 4-4-2, pas de bus, bloc haut. En pente, mais haut.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.







