Question bête, mais pourquoi faut-il préciser qu’un retour est réel ? Ravenne a publié sur Instagram : « La magie n’a jamais disparu. C’est à présent le moment de la faire revenir sur le terrain. Le 15 novembre, Ronaldinho recommence à jouer. En jaune et rouge. Ravenne-Forli. Le retour est réel. »
J’ai recopié la phrase dans mon carnet, onglet « Expressions », et j’ai ouvert un onglet neuf : « Retours pas réels ». Il est vide. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait ce qu’il faudrait y mettre.
Ce que je sais. Ronaldinho a arrêté en 2015, après Fluminense. Il a joué au PSG, au Barça, à l’AC Milan. Il a gagné la Ligue des champions en 2006, la Copa Libertadores en 2013, la Coupe du monde en 2002. Et le 15 novembre, il jouera la 14e journée du groupe B de la Serie C. On m’a dit que c’était la troisième division. J’ai demandé si c’était grave. On m’a dit : non, c’est beau.
Deuxième mystère, la magie. Le message dit qu’elle n’a jamais disparu, et qu’il faut la faire revenir. J’ai relu trois fois dans le train de 7 h 32. Si elle n’est pas partie, elle revient d’où ? Un collègue m’a répondu « du vestiaire ». Je creuse.
La magie, de mon temps, on ne l’annonçait pas. On la voyait le dimanche. Enfin. C’est l’époque.
Troisième point, plus précis. En juin, le propriétaire, Ignazio Cipriani, avait dit que Ronaldinho prendrait « certainement part à une rencontre de championnat, peut-être quelques-unes en plus ». J’aime bien cette phrase. Elle contient une certitude et un peut-être, comme une prévision météo honnête. Il avait aussi réfuté un coup marketing et annoncé l’entrée du joueur au capital du club. Les maillots portent sa marque, R10.
L’objectif, c’est un « dernier but en tant que professionnel ». J’ai noté qu’on annonce le dernier avant le premier. Ravenne est deuxième, à huit points de Spezia, après dix journées.
Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre. Mon onglet « Retours pas réels » reste ouvert.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.







