Le Real Madrid a battu le Barça 2-1, à Barcelone. Mbappé a marqué à la 87e. Camavinga a donné la passe. Voilà le match. Il tient en deux lignes.
Ensuite, après la rencontre, il y a eu les mots. José Mourinho a dit : « Ils sont venus devant notre hôtel et ont chanté toute la journée, donc je n’ai pas pu faire ma sieste. » Puis il a ajouté qu’il n’avait pas fait de sieste, mais qu’il avait battu leur équipe. Et qu’il leur faisait un gros câlin.
Je l’ai lu à la friterie, le lundi. J’ai relu. La sieste d’un entraîneur est devenue une information.
En 1980, ça ne serait jamais arrivé. L’entraîneur dormait, ou il ne dormait pas, et personne ne le demandait. On demandait la composition. Il donnait la composition. On rentrait.
Je ne critique pas. Je compare. Aujourd’hui, un homme gagne un Clásico à l’extérieur, à trois minutes de la fin, et ce qu’on retient, c’est l’heure qu’il n’a pas passée sur son lit. Le but de Mbappé arrive en deuxième. Le câlin en troisième.
Notez que je suis pour la sieste. Je la fais tous les jours à deux heures, avant le match quand le match est à trois heures, comme il se doit. Personne ne chante sous ma fenêtre. Ma rue est calme. Je n’ai battu personne depuis longtemps.
Marcel, question bête, mais en 1980, les supporters chantaient devant l’hôtel ?
Ils chantaient au stade. Debout. Sous la drache. L’hôtel, c’était pour dormir.
Il reste que le plan de Mourinho a fonctionné sans la sieste. Victoire 2-1, à Barcelone. Ce qui pose un problème à ma génération : si la sieste ne sert plus à gagner, je ne sais pas ce que je fais à deux heures.
Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.







