Question bête, mais qui tient les fils ?
Stijn Stijnen, ancien gardien de but, ne comprend pas pourquoi aucun club de Jupiler Pro League ne lui donne une chance comme entraîneur principal. Il a reçu des propositions de l’étranger, mais aucune offre en première division belge. Selon lui, c’est son caractère affirmé et son opinion qui coincent.
Et puis il a dit ceci à Het Nieuwsblad : « Une telle marionnette, je ne veux pas l’être. Car alors ce n’est qu’une question de jours avant que les joueurs comprennent que tu n’as rien à dire. »
J’ai ouvert un nouvel onglet dans mon carnet, rouge, intitulé « Marionnette ». Une marionnette, il faut quelqu’un au-dessus. Dans le football, j’ai découvert qu’au-dessus de l’entraîneur il y a un directeur sportif. Au-dessus du directeur sportif, il y a un président. Au-dessus du président, j’ai demandé, et on m’a parlé du classement. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait qui tient vraiment le dernier fil.
Stijnen a une autre idée là-dessus. Selon lui, les clubs belges choisissent surtout de jeunes entraîneurs ou font évoluer des assistants, parce qu’ils sont manipulables et heureux d’obtenir le poste. Il est aussi quasi certain que beaucoup de directeurs sportifs en Belgique ont peur de lui.
Au basket, ça n’existe pas, j’ai regardé. Enfin si, ça existe, mais là-bas un entraîneur demande un temps mort, et pendant une minute tout le monde sait qui parle. En football, il n’y a pas de temps mort. L’entraîneur crie depuis une petite zone peinte au sol, et les joueurs, à septante mètres, décident s’ils ont entendu.
Chez moi, le fil, c’est le délégué qui le tient. Il a aussi les cartes.
J’ai souligné deux fois « quelques jours ». C’est le délai que Stijnen donne aux joueurs pour comprendre. Dans mon carnet, il n’y a toujours rien sous l’onglet rouge. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Voetbalkrant.




