J’ai lu l’entretien de Stijn Stijnen à la friterie. Il veut être entraîneur principal en Jupiler Pro League. Aucun club ne l’appelle. Il a reçu des propositions de l’étranger, aucune en première division belge.
Il pense savoir pourquoi. Son caractère affirmé. Son opinion.
Il l’a dit à Het Nieuwsblad, et je recopie : « Une telle marionnette, je ne veux pas l’être. Car alors ce n’est qu’une question de jours avant que les joueurs comprennent que tu n’as rien à dire. »
En 1980, un entraîneur avait une opinion. Il la gardait pour le vestiaire. Le journal publiait la composition et le score. Si un homme voulait dire qu’il avait du caractère, il le montrait le dimanche à trois heures, et le lundi on lisait le résultat. Je ne critique pas. Je compare.
Aujourd’hui, l’opinion sort avant le poste. Stijnen est quasi certain que beaucoup de directeurs sportifs en Belgique ont peur de lui. Directeur sportif. De mon temps, le président choisissait l’entraîneur en serrant une main au Heysel, et personne n’avait peur de personne. On avait froid, c’est différent.
Il dit aussi que les clubs prennent surtout de jeunes entraîneurs ou font évoluer des assistants. Ça, en 1980, ça arrivait aussi. On appelait ça attendre son tour. Il fallait de la patience. La patience est partie avec le noir et blanc.
Question bête, mais en 1980, comment on savait qu’un entraîneur avait une opinion, s’il ne la disait à personne ?
On le savait au regard, Louise. Il ne refusait pas d’être une marionnette, il ne savait pas que ça existait.
Stijnen ne veut pas mettre sa personnalité de côté pour un poste. J’ai replié mon hebdomadaire. Le score n’avait pas changé. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Voetbalkrant.




