Alors, tactiquement, j’ai lu l’entretien de Stijn Francis deux fois, assis sur le banc du terrain 2, l’essuie sur les genoux. L’homme est agent, ancien joueur de Westerlo et de Louvain, et son agence, Stirr Associates, a géré l’été dernier les transferts de Kostas Karetsas, Nathan De Cat, Loïs Openda et Jarne Steuckers. Pas mal, comme été. Moi, mon été, c’était un jeu de chasubles.
Il raconte, au Grand Rectangle, qu’un client l’a quitté avec cette phrase : « On a perdu un client qui nous a dit : tu n’es pas assez corrompu, tu ne sais pas me mettre dans l’un de ces vingt clubs. Les bons clients nous demandent du contrôle, les mauvais disent : tu dois me mettre dans tel club ».
Vingt clubs. Je relis. Vingt. Moi, j’ai un club, un délégué et une farde. Et quand un joueur veut partir chez le voisin, il me le dit à la buvette, devant une jatte de café, et je lui réponds qu’il fait ce qu’il veut. Sans le savoir, j’applique la méthode Francis depuis 2011 : être 100 % transparent et laisser la décision au joueur. C’est ce qu’il dit être la seule façon de résoudre le conflit entre commissions et intérêt du joueur. Chez moi, la commission, c’est un cornet de frites pour le collectif.
Il cite aussi Zinho Vanheusden, qui avait un club anglais, un club italien et le Standard, ce dernier payant beaucoup moins que les deux autres. Ça, je connais : le choix entre trois propositions. Sauf que chez nous, c’est le même club, trois terrains, dont un en pente.
Et il dit qu’au début, son agence était bloquée dans certains clubs parce que de grands agents étaient contre elle. Sa phrase : « Au départ, je voulais juste ne rien faire dans leur dos. Et ça a eu du succès ».
Ne rien faire dans le dos de quelqu’un et avoir du succès. Là, c’est historique. Je pèse mes mots.
Je l’ai noté dans ma farde, entre la compo de dimanche et le numéro du président, que j’appellerais si j’avais un transfert à annoncer.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.



