Un agent explique qu’il ne fait rien dans le dos de ses joueurs. On en fait un entretien. Je l’ai lu à la friterie, lundi, dans le journal.
Il s’appelle Stijn Francis. Il a joué à Westerlo et à Louvain. Il a créé Stirr Associates sur base de son propre vécu, qui lui a fait prendre conscience de sa naïveté et de celle de la plupart des joueurs face aux enjeux en coulisses. L’été dernier, son agence a géré les transferts de Kostas Karetsas, Nathan De Cat, Loïs Openda et Jarne Steuckers.
Sa phrase : « Au départ, je voulais juste ne rien faire dans leur dos. Et ça a eu du succès ».
Je ne critique pas. Je compare. En 1980, le joueur allait voir le président. Le président avait un bureau, une table, parfois une bouteille. On signait. Il n’y avait pas vingt clubs. Il y en avait un, et c’était le sien.
Il raconte, au Grand Rectangle, qu’un client l’a quitté : « On a perdu un client qui nous a dit : tu n’es pas assez corrompu, tu ne sais pas me mettre dans l’un de ces vingt clubs. Les bons clients nous demandent du contrôle, les mauvais disent : tu dois me mettre dans tel club ».
Pas assez. Le mot important est celui-là.
Il dit aussi qu’au début, son agence était bloquée dans certains clubs parce que de grands agents étaient contre elle, voulant être transparente. Et que la seule façon de résoudre le conflit entre commissions et intérêt du joueur est d’être 100 % transparent et de laisser la décision au joueur. Laisser décider le joueur. On a donc inventé une profession, puis une agence pour revenir au point de départ.
Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre celui qui doit s’excuser d’être honnête.
Question bête, mais avant les agents, qui disait au joueur combien payait chaque club ?
Personne. Il le découvrait sur sa fiche de paie, comme tout le monde. J’ai replié le journal et terminé mes frites. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.



