Le Standard reçoit Courtrai ce samedi soir à Sclessin. Sclessin. Je le précise, il y a des gens qui l’oublient.
J’ai lu la chose dans mon hebdomadaire, puis sur Walfoot, parce que mon petit-fils m’a montré l’écran. Le club a prévu avec Jupiler une action nommée « Keep the Zero ». En anglais. À Liège.
Dès l’ouverture du stade, chaque supporter reçoit une Jupiler 0,0 % gratuite à l’achat d’une autre. Si le Standard n’encaisse pas de but avant la mi-temps, il y en a une de plus pour chacun. Les offres sont valables hors espaces Business.
Je ne critique pas. Je compare.
En 1980, on ne recevait rien pour un 0-0 à la pause. On recevait un 0-0 à la pause. C’était déjà la récompense. On le regardait, debout, et on se disait que la deuxième mi-temps serait peut-être mieux. Elle ne l’était pas toujours. C’était la vie.
Aujourd’hui, le zéro a un sponsor. Le score de l’adversaire et le degré de la bière portent le même chiffre. Je trouve ça triste, et assez bien fait.
Le contexte, je le connais. Le Standard reste sur quatre défaites consécutives en championnat. Il doit réduire l’écart avec les équipes du Top 5. Selon Walfoot, Vincent Euvrard semble jouer sa tête lors des deux rencontres avant la trêve internationale. Quand une saison va ainsi, on cherche ce qui aide. Je comprends. Je n’approuve pas, mais je comprends.
Question bête, mais en 1980, s’il n’y avait pas de bouteille, qu’est-ce qui faisait tenir le zéro ?
Le gardien, Louise. Et la peur du lundi.
Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre ce progrès-là. Samedi soir, à la 45e minute, des milliers de gens regarderont le tableau d’affichage pour savoir s’ils ont droit à une bouteille. Nous, on le regardait pour savoir si on avait droit à l’espoir. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.




