Alors, tactiquement, il faut commencer par la 38e minute. Pas par Ronaldo, pas par les déclarations : par la touche. Le Portugal est mené 0-1, et João Cancelo égalise à la retombée d’une longue touche de Nuno Mendes. Une longue touche. À Porto. En Ligue des nations. J’ai posé ma jatte de café et j’ai ouvert ma farde à la page « armes secrètes ».
Parce que la longue touche, chez moi, c’est le plan A, B et C. Sur notre terrain 2, avec la pente, un ballon lancé côté buvette arrive tout seul au deuxième poteau. Je travaille ça le mardi. Enfin, quand ils sont onze. Et voilà que le Portugal, qui a du monde pour faire autrement, choisit la même solution que nous. Le niveau en P3 a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte.
Deux minutes plus tôt, la Norvège avait ouvert le score : Kristoffer Ajer, demi-volée, sur un coup franc lointain de Martin Odegaard. Ça aussi, je connais. Le coup franc de quarante mètres qu’on balance « pour voir », et quelqu’un qui reprend sans réfléchir. Chez nous, en général, ça finit dans le filet derrière le but, celui qu’on a acheté avec la tombola.
Le but de la victoire, à la 79e, c’est autre chose : un ballon lobé de Vitinha, remisé par João Félix, et Gonçalo Ramos qui conclut. Trois joueurs, trois touches de balle, un vrai mouvement collectif. Là, je vous l’accorde, il faut un terrain plat.
Ce que je retiens du bloc, c’est surtout la feuille de match. Cristiano Ronaldo absent, déjà jeudi contre le Danemark, et le Portugal compte 12 points en quatre rencontres dans cette fenêtre. Jorge Jesus a déclaré qu’il serait convoqué pour la prochaine fenêtre et qu’il pouvait revenir quand il voulait.
Ça, je comprends. Moi aussi, j’ai un joueur à qui je dis que la porte du vestiaire préfabriqué est ouverte. Elle ne ferme plus depuis 2019, mais l’intention y est.
Une longue touche pour égaliser. Au moins, ça, on n’a pas eu besoin de la vérifier à l’écran.
Lundi, j’imprime le schéma de Nuno Mendes. Je le scotche dans le vestiaire, à côté du classement.
Le fait est vrai, on a vérifié : 20 Minutes.




