Les Néerlandaises ont battu la Hongrie 3-0 à Tilburg, mardi. Trois buts en première période. Et leur sélectionneur, Arjan Veurink, « s’attendait à un peu plus », selon NOS. J’ai lu ça au kicker du café, mon cornet de frites refroidissait, et j’ai dû poser la fourchette.
Je vous explique mon problème. Moi, un 3-0, c’est historique. Je pèse mes mots. Je l’aurais annoncé dans le groupe WhatsApp avec trois drapeaux et un message vocal. Sauf que le vendredi d’avant, ces mêmes Néerlandaises avaient gagné 8-0 en Hongrie. Alors 3-0, à côté, c’est presque une honte. Je pèse aussi ces mots-là. Mon thermomètre affiche les deux, il ne sait plus où se mettre.
Veurink a dit à NOS que « la barre était quand même très haute après vendredi dernier ». Esmee Brugts, qui a marqué, a résumé : « Plus compliqué que vendredi. » Elle estime que l’équipe aurait pu dominer davantage et marquer plus. Je ne dis pas ça parce que je suis supportrice. Enfin, je ne suis même pas supportrice des Pays-Bas, et je suis déjà vexée pour elles.
Le sélectionneur se dit quand même satisfait des buts de la première période et des occasions de la seconde. Il parle d’erreurs de précision à travailler avant la prochaine période internationale. Voilà. Des erreurs de précision, mais il y a du positif. C’est exactement ce que j’aurais dit, sauf qu’en général je le dis après une défaite.
Et il y a Isa Kardinaal, défenseure centrale de 21 ans, titulaire aux London City Lionesses, qui a fait ses débuts en sélection. Elle a appris cinq minutes avant le match qu’elle jouerait. Son résumé : « Fière ! » Un mot. Elle, elle a compris le thermomètre.
Question bête, mais si 3-0 est décevant, combien faut-il pour être content ? J’ai ouvert un onglet dans mon carnet. Il est vide.
En décembre, les Pays-Bas jouent la Slovénie en barrages pour la Coupe du monde. Là, ce sera historique ou une honte. Maintenant, on prend match après match, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : NOS.




