Alors, tactiquement, je retiens une chose du 3-0 des Pays-Bas contre la Hongrie, mardi à Tilburg. Isa Kardinaal, défenseure centrale de 21 ans, titulaire aux London City Lionesses, a fait ses débuts en sélection. Et elle dit avoir appris cinq minutes avant le match qu’elle jouerait.
Cinq minutes. Les gens ricanent. Moi, je reconnais une méthode. Chez nous, le dimanche à trois heures, la compo sort de ma farde quand le délégué a fini de compter qui est là. Parfois, c’est cinq minutes. Parfois, c’est pendant l’échauffement, parce qu’un gars est allé chercher les enfants. Le niveau en P3 a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte : on fait déjà comme une sélection nationale.
Et elle a répondu comment ? « Fière ! » Un mot. Pas de question, pas de « pourquoi moi ». Si un de mes défenseurs répondait ça au lieu de demander s’il peut jouer à gauche à cause de la pente, je pleurerais dans mon essuie.
Le reste du match, je l’ai lu dans NOS. Trois buts en première période. Arjan Veurink, le sélectionneur, « s’attendait à un peu plus », parce que vendredi elles avaient gagné 8-0 en Hongrie. Il a parlé d’erreurs de précision à travailler. Jill Roord, entrée en cours de jeu, a dit que c’est toujours difficile de jouer contre un bloc aussi bas. Ça, le bloc bas, je le connais. J’en joue un tous les dimanches, sans le vouloir, à cause du terrain 2.
Roord, je note : huit buts et cinq passes décisives en sept matchs d’Eredivisie avec Twente, 117 sélections à 29 ans. Et elle n’a pas marqué en entrant. Ça arrive. Même avec un terrain plat.
Débuter en sélection avec cinq minutes de préavis et gagner 3-0, c’est historique. Je pèse mes mots.
En décembre, il y a la Slovénie en barrages pour la Coupe du monde. Je ne sais pas quand Kardinaal saura si elle joue. Moi, ma compo de dimanche, je la ferai samedi soir. Enfin, quand ils sont onze.
Le fait est vrai, on a vérifié : NOS.




