Alors, tactiquement, je commence par le bilan, parce que c’est ce que je fais avec ma farde le lundi. La Fédération turque a limogé Vincenzo Montella le 9 octobre. Quarante matchs, vingt et une victoires, cinq nuls, quatorze défaites. Un quart de finale à l’Euro 2024, battu 2-1 par les Pays-Bas. Une élimination en poules à la Coupe du monde 2026, avec une victoire contre les États-Unis. Et quatre défaites en Ligue des nations, dont un 3-0 à Sclessin contre les Diables.
Vingt et une victoires sur quarante. Chez moi, avec ça, on organise un souper au club. Je ne dis pas que c’est le même niveau. Je dis qu’à un terrain plat près, hein, la lecture est la même : plus de victoires que de défaites.
Ce qui m’intéresse, c’est la suite. Il reste deux matchs : la Belgique à Izmir le 12 novembre, la France le 15. Le successeur n’est pas connu. La presse turque cite Arda Turan, 39 ans, au Chakhtar Donetsk, comme favori. Un nouveau mister qui arrive avec un mois pour préparer deux matchs. Ça, je connais. Moi, je suis arrivé quand le précédent est parti à la pêche. J’ai eu une semaine, un jeu de chasubles et le délégué. Le premier mardi, ils étaient neuf. On a travaillé le 4-4-2 à neuf, ce qui fait un 4-3-1 si on est honnête.
Montella, lui, a parlé de son groupe. RMC Sport rapporte : « Nous avons une équipe qui a combattu ensemble. Notre unité se poursuit de la meilleure façon qui soit ». Ça, c’est une phrase de vestiaire. Je l’ai écrite au dos de ma farde, entre la compo de dimanche et le numéro du friturier.
Un entraîneur qui parle de son groupe en partant. Je ne critique pas. Je note que c’est rare.
Mon président, lui, n’a jamais limogé personne. Il dirait qu’il pourrait y penser, si quelqu’un d’autre voulait le poste. Personne ne veut le poste. Dimanche à trois heures, je serai sur le banc, avec l’essuie, et la phrase de Montella dans la farde.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.




