Alors, tactiquement, Bruges a battu Lens largement mercredi au Jan Breydel, et la source ne donne pas le score. Moi, le score, je m’en fiche un peu. Ce qui m’intéresse, c’est le vestiaire à la mi-temps. Selon les joueurs, Ivan Leko y a tenu un « donderspeech », un discours coup de tonnerre, après une première période très faible. Son équipe menait quand même. C’est le détail qui me parle : le coup de tonnerre alors qu’il gagnait. Ça, c’est un entraîneur qui regarde le jeu, pas le tableau.
Selon Sporza, il a expliqué : « Il y avait une grande différence entre nos deux mi-temps. Avant la pause, nous défendions quelque chose que nous n’avions pas. Nous avions peur. » Il a ajouté que son équipe jouait latéralement, sans pressing. Latéralement. Je connais. Chez nous, sur le terrain 2, le jeu latéral a une excuse : la pente. Tu joues vers le bas, tu reviens jamais.
Le coup de tonnerre, je le fais aussi, le dimanche vers quatre heures moins le quart, dans le vestiaire préfabriqué. J’ouvre ma farde, je tape dessus. Le problème, c’est que le GSM d’un joueur vibre au milieu de la phrase et que le délégué demande qui veut un café. Chez Leko, ça a marché. Il a dit qu’en seconde période il avait revu sa vraie équipe : « Nous avons joué sans peur, et avec respect pour notre adversaire. Avec du courage, du pressing. Je suis fier de ce résultat. »
Le pressing après la pause, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze. Et il a eu Yann Sommer, qui a sauvé l’équipe plusieurs fois, Carlos Forbs et sa vitesse, Joaquin Seys qui marque son premier but en Ligue des champions. Moi j’ai un gardien qui doit partir à cinq heures pour sa fille.
Question bête, mais tu tapes sur la farde ou sur la table ?
Sur la farde. La table est à la buvette, et la buvette finance le club. Avec ces trois points, Bruges est bien placé pour le top 24, et Leko refuse de faire des calculs. Ça au moins, on a en commun.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




