Question bête, mais qui est Vinnie ?
J’ai lu le discours de Harry Kane dans Walfoot, dans le train de 7 h 32. Il venait de gagner le Ballon d’Or, dans une salle de Londres. Il a eu un mot pour tout le Bayern Munich. Puis il a dit : « Merci à Vinnie. […] La façon dont on s’entraîne, dont tu nous pousses à devenir meilleurs. »
J’ai ouvert l’onglet « personnes » de mon carnet. Pas de Vinnie. J’ai pensé à un kiné, un chauffeur, un chien peut-être. Il y a trois points entre crochets au milieu de la citation, donc Vinnie a peut-être fait encore plus de choses, mais on ne saura pas lesquelles.
J’ai vérifié, et en fait Vinnie, c’est Vincent Kompany. Son coach au Bayern. Un Belge. Le même que tout le monde ici appelle Kompany, ou Vincent, ou « le coach du Bayern ». Kane, lui, l’appelle Vinnie, devant toute une salle, avec un trophée dans les mains.
La suite était plus claire : « Depuis que je t’ai eu comme coach, je me suis amélioré comme joueur et comme être humain. Tout ça, c’est grâce à toi. » Comme joueur, j’ai les chiffres : 156 buts et 40 assists en 159 matchs au Bayern. Comme être humain, j’ai cherché la statistique. Il n’y en a pas. Au basket non plus, j’ai regardé.
Un Ballon d’Or qui dit merci à un Belge. Là, c’est historique. Je pèse mes mots.
Autre découverte : le dernier joueur du Bayern à gagner ce trophée, c’était Karl-Heinz Rummenigge, en 1981. On m’explique que le Ballon d’Or est individuel. D’accord. Mais alors pourquoi le discours parle surtout des autres ? Kane dit aussi que le Bayern lui a permis de gagner ses premiers trophées, et que le premier, c’était avec Kompany.
J’ai ajouté un onglet « surnoms ». Il est déjà plein. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.




