Le Bayern Munich a de nouveau un Ballon d’Or. Harry Kane. Le dernier, c’était Karl-Heinz Rummenigge, en 1981.
1981. J’avais l’hebdomadaire de cette semaine-là dans un tiroir. Je l’ai ressorti. Il sent la friterie, comme tous les autres.
La cérémonie s’est tenue dans une salle de Londres. En 1981, j’ai appris le nom du lauréat le lundi, en tournant une page. Il n’y avait pas de salle. Il y avait le papier. Je ne critique pas. Je compare.
Kane a parlé. Un mot pour tout le Bayern, puis pour son entraîneur. « Merci à Vinnie », a-t-il dit. Vinnie. Vincent Kompany, donc. Un Belge, à Munich, appelé par un diminutif devant une salle entière. Je n’ai rien contre. J’ai noté.
Il a ajouté : « Depuis que je t’ai eu comme coach, je me suis amélioré comme joueur et comme être humain. Tout ça, c’est grâce à toi. » Comme joueur, les chiffres sont là. 156 buts et 40 assists en 159 matchs au Bayern. Le mot assists, d’ailleurs. De mon temps, on disait la dernière passe, et personne ne la comptait.
Comme être humain, je n’ai pas de chiffre. Personne n’en a. C’est peut-être la dernière chose qu’on ne mesure pas encore. Qu’on la laisse tranquille.
Question bête, mais en 1981, on remerciait qui ?
Je ne sais pas. Je n’ai pas entendu de discours en 1981. Il y avait un nom, un club, une photo en noir et blanc. Kane, lui, dit que le Bayern lui a permis de gagner ses premiers trophées, et le premier avec Kompany. J’ai rangé l’hebdomadaire de 1981. Celui de lundi ira à côté. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.




