Gand a battu Anderlecht 4-0. Ça, tout le monde le sait. Ce que je retiens, moi, c’est le message. Après une dizaine de minutes, Filip Joos a écrit dans le groupe WhatsApp du podcast 90 minutes, depuis le stade de Gand, qu’Anderlecht allait gagner 0-3. Je pèse mes mots : c’est historique.
Parce que moi aussi, j’administre un groupe WhatsApp. « Les Diables du dimanche », douze membres, dont mon beau-frère. Et des pronostics à la onzième minute, j’en ai lu des centaines. Mais jamais un qui s’est fait relire devant une salle. Au live show de 90 minutes à Malines, la prédiction a été accueillie par des rires moqueurs. Dans mon groupe, on se contente d’un émoji. Là, il y avait un public.
Il s’est expliqué, à Sporza : « Après onze minutes, je me suis dit : waouh, Anderlecht joue bien. » Et selon lui, Gand ne faisait rien à ce moment-là. Anderlecht aurait pu et dû marquer, puis Gand l’a fait sortir de sa tanière, et ça, il l’attribue au fait que Gand est premier. Onze minutes de lucidité, septante-neuf de démenti. Pas mal, comme ratio.
Sam Kerkhofs, lui, a vu un Gand resté calme, « totalement pas impressionné » d’être mené, et qui mérite des crédits après deux défaites. Steven Defour a dit à Sporza que la confiance est « tellement fragile » à Anderlecht et qu’il n’a jamais eu l’impression que Gand avait peur. Filip Joos, encore lui, pense que Vitor Bruno « tire parfois onze noms d’un sac de vingt joueurs ».
J’ai envoyé l’article dans mon groupe. Mon beau-frère a répondu « 0-3 » à la onzième seconde. C’est une honte. Je pèse mes mots.
Question bête, mais on a le droit de changer son pronostic à la mi-temps ? Au basket, on attend la fin du premier quart.
Maintenant, on prend minute après minute, hein. Surtout la onzième.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




