Question bête, mais si on dit que l’autre est plus fort, on n’est pas censé avoir un tout petit peu peur ?
J’ai lu les propos de Gennaro Gattuso, l’entraîneur de la Lazio, dans le train de 7 h 32, carnet ouvert à l’onglet « conférences d’avant-match ». Sa phrase, rapportée par Football Italia : « Ils sont plus forts que nous, mais je veux voir une équipe qui les affronte et rend coup pour coup. Avoir peur ne nous apporte rien. » La Lazio se rend à Turin dimanche pour affronter la Juventus. Elle a 16 points après six matchs, elle est près du sommet, et elle cherche une troisième victoire d’affilée après avoir battu Monza.
Donc l’équipe près du sommet dit que l’autre est plus forte. J’ai noté ça avec un point d’interrogation. Au basket, on regarde le classement et on sait à peu près qui est le favori, j’ai regardé.
Ensuite, il a décrit la Juventus : deux, trois ou quatre attaquants possibles, une équipe qui a beaucoup changé, trois ou quatre buts marqués sur des centres, du physique sur coups de pied arrêtés, de la vitesse sur les côtés. Il connaît très bien l’adversaire. Puis il a refusé de donner sa composition, pour ne pas avantager l’adversaire. Ça, j’ai trouvé ça juste. Lui sait tout sur eux, eux ne sauront rien sur lui. C’est presque une stratégie de basket.
Il a aussi parlé de Pellegrini, réintégré dans la liste du groupe : la décision vient du club, a-t-il dit, et le joueur est pleinement disponible. J’ai créé un onglet « qui décide quoi ». Il est encore vide.
Sa vraie inquiétude, ce sont les trous d’air de 15 à 20 minutes qui reviennent dans les matchs de la Lazio. Ça, c’est une peur, non ? Une peur précise, chronométrée.
C’est le discours d’avant-match, ma belle. Ils sont plus forts, on n’a pas peur, on prend match après match. Je pèse mes mots.
J’ai vérifié, et en fait les deux phrases tiennent ensemble dans tous les avant-matchs. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Football Italia.




