Alors, tactiquement, Naples a battu Frosinone 3-0 en 3-4-3. Un système neuf. Moi, j’ai le 4-4-2, le seul système honnête, mais j’ai quand même ouvert ma farde pour dessiner ça sur la table de la buvette, entre deux jattes de café.
Kevin De Bruyne a joué plus bas que d’habitude. Et il a marqué deux buts : un penalty, puis une reprise à bout portant sur un centre en retrait de Giovane. Noa Lang a mis le sien entre les deux, un tap-in. Trois buts, et le numéro 8 qui recule finit meilleur buteur. Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze.
Après le match, il l’a dit simplement, à Football Italia : il a toujours été un numéro 8 ou un numéro 10, « un numéro 8, numéro 10 d’origine », et on lui a demandé de jouer un rôle différent parce qu’il manquait du monde au milieu. Il a expliqué que Lobotka et Gilmour avaient disputé quatre matches en sélection, et que Naples voulait ménager d’autres joueurs, avec neuf matches au programme dans les prochaines semaines.
Neuf matches. Moi, j’en ai un par semaine, et je fais déjà des calculs pour savoir qui ramène les chasubles. Mais le principe, je le connais. Quand mon milieu de terrain est indisponible, je recule mon meilleur joueur et je lui explique que c’est provisoire. Il me regarde comme le délégué regarde la feuille de match : avec méfiance.
Lui a ajouté, toujours à Football Italia : « Je ne suis pas quelqu’un d’émotif, je suis très pragmatique. » Ça, j’aimerais l’afficher dans le vestiaire préfabriqué, à côté du règlement de la buvette.
Question bête, mais si le numéro 8 joue plus bas, il devient un numéro 7 ou un numéro 6 ?
Je lui ai répondu qu’en P3, on joue avec le numéro qui reste dans le sac. Le 3-4-3, je vais l’essayer dimanche à trois heures. Sur le terrain 2, la moitié des quatre milieux sera en montée et l’autre en descente. À un terrain plat près, hein, c’est le même schéma que Naples.
Le fait est vrai, on a vérifié : Football Italia.




