La France a battu la Belgique 1-0 en demi-finale de la Coupe du monde 2018. Samuel Umtiti, de la tête, à la 51e minute. Roberto Martinez dirigeait les Diables. Je m’en souviens. Je n’ai pas cherché à oublier.
Thibaut Courtois en reparle aujourd’hui. Au micro d’Onda Cero, un média espagnol. J’ai lu ça dans Walfoot, imprimé par ma petite-fille, à la friterie. Il raconte qu’après le match, il avait parlé à la presse française. Il avait dit antifootball. On en a fait le « seum belge ».
Le seum. Il a fallu un mot nouveau pour une chose très ancienne. En 1980, on perdait, on était déçu, et on appelait ça être déçu. Je ne critique pas. Je compare.
Courtois explique aussi : « Tu mènes 1-0 dans une demi-finale de Coupe du monde, évidemment que tu vas tout faire pour faire passer le temps. » Il avait 26 ans. Il dit qu’il est arrivé en zone mixte encore très énervé.
La zone mixte. Encore une invention. De mon temps, le joueur rentrait au vestiaire, prenait sa douche, et parlait le lendemain, refroidi. Le journaliste attendait. C’était son métier, d’attendre.
Une demi-finale de Coupe du monde, Marcel. Historique et une honte, les deux. Je pèse mes mots.
Elle pèse beaucoup de mots, Nadine.
Il reste la dernière phrase de Courtois : « Je pense qu’il faut d’abord être autocritique. Quand je fais une erreur, je suis le premier à l’admettre et à le dire sans problème. » Je l’ai relue deux fois. Je n’ai rien trouvé à comparer. Ça m’arrive peu.
Il dit aussi qu’en France, ils en plaisantent encore aujourd’hui. Huit ans. Nous, on a mis quarante ans à sourire de 1980. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.



