Alors, tactiquement, un penalty, c’est simple : un ballon, un point, un gardien. Jeudi, en demi-finale aller du championnat des clubs caribéens de la CONCACAF, Mount Pleasant Football Academy a fait 1-1 chez le Club Sando. RMC Sport écrit que les visiteurs auraient pu gagner si leur tireur n’avait pas pris une course d’élan « complètement lunaire ». Il s’est « enflammé », dit encore RMC Sport.
J’ai regardé la vidéo dans le vestiaire préfabriqué, sur le GSM, avec le délégué penché par-dessus mon épaule et sa farde sous le bras. Et je me suis dit : une course d’élan, ça se travaille. Ça, je le mets en place le mardi. Enfin, quand ils sont onze.
Mardi, ils étaient neuf. J’ai posé le ballon sur le point du terrain 2. Celui qui est en pente, toute la province le sait. J’ai décidé de montrer l’exemple moi-même, avec une course d’élan un peu travaillée, pour l’intention. Trois pas, un petit arrêt, un changement de rythme.
Au deuxième pas, la pente a pris le relais. Je suis arrivé sur le ballon plus vite que prévu, et de profil. Le ballon est parti vers la buvette. Le gardien n’a pas bougé : il a dit qu’il ne voulait pas gâcher le moment.
Donc je respecte le garçon de Mount Pleasant. Prendre une course d’élan pareille, en demi-finale, il faut des jambes. Moi, j’ai fait la mienne devant neuf joueurs et une chasuble oubliée sur la barrière, et je n’ai pas tenu trois pas.
En 1980, on posait le ballon, on reculait, on tirait. Je ne critique pas. Je compare.
Le délégué a noté dans sa farde : « course d’élan, à revoir ». Il a souligné deux fois. Le niveau en P3 a énormément monté, les gens ne se rendent pas compte, mais sur ce geste-là, on a encore une marge. À un terrain plat près, hein.
Le match retour reste à jouer, le score est de 1-1.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.




