Question bête, mais qui décide qu’un joueur est de classe mondiale ? Je pose la question parce que mardi, Joaquin Seys, latéral gauche du Club Bruges, a dit, selon La Voix du Nord, qu’il était « dommage qu’il n’y ait pas en face de nous des joueurs de classe mondiale ». Bruges reçoit Lens mercredi à 21h au Jan Breydel.
J’ai ouvert un nouvel onglet dans mon carnet, couleur orange, intitulé « Classe mondiale : critères ». Il est toujours vide.
J’ai d’abord regardé l’entraîneur. Ivan Leko a dit : « Peut-être qu’ils n’ont pas de joueurs de classe mondiale, mais c’est une très bonne équipe. » Donc il existe une équipe très bonne faite de joueurs qui ne sont pas de classe mondiale. Au basket, on dit juste qu’une équipe est bonne. J’ai regardé.
Ensuite, les chiffres. Florian Thauvin, 33 ans, capitaine de Lens, a été décisif dans huit des dix matches de son équipe depuis le début de la saison. Samedi à Troyes, deux passes décisives, pour Odsonne Edouard et Ruben Aguilar. Lens a fini deuxième de Ligue 1 la saison dernière. J’ai écrit tout ça dans l’onglet, puis j’ai barré, parce que je ne savais pas si ça comptait.
Et puis Joaquin Seys lui-même a ajouté, le même jour : « Ce sera de très bons joueurs, ce sera un match difficile, on aura de bons joueurs contre nous. » J’ai donc maintenant trois catégories : classe mondiale, très bons, bons. Les trois concernent la même équipe. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait où passent les frontières.
Ivan Leko trouve aussi que Lens a « peut-être l’un des meilleurs pressings » qu’il ait vus. Est-ce qu’un pressing peut être de classe mondiale sans les joueurs qui le font ? J’ai demandé à la rédaction.
De mon temps, on disait qu’un joueur était bon. Ça suffisait.
J’ai noté. Il reste Ivan Leko, qui demande à ses joueurs de « savoir où nous sommes, qui nous sommes ». Ça, au moins, c’est une adresse. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.




