Alors, tactiquement, Bournemouth avait trois points après six matchs de Premier League. Trois nuls, trois défaites, 18e, zone de relégation. Et Marco Rose, qui a succédé à Andoni Iraola cet été, a dit ceci, je traduis fidèlement ce qu’il a déclaré au Guardian : « À ce niveau, ce sont les résultats qui comptent. Mais au niveau des performances, je vois beaucoup de bonnes choses. »
Cette phrase, je la dis tous les dimanches à cinq heures, dans le vestiaire préfabriqué. Mes joueurs ne me croient pas. Ils retirent leurs chaussettes en regardant le plafond.
Sauf que Rose avait raison. Selon le modèle du Guardian, ses 8,4 xPts le plaçaient confortablement en milieu de tableau. Le score disait relégation, les occasions disaient tranquille. Le plus beau, c’est Chelsea : 5-1 à Stamford Bridge, avec cinq buts pour 1,1 xG en face, et 1,38 xG pour Bournemouth. J’ai sorti ma farde et j’ai recopié ça en rouge. Perdre 5-1 en ayant créé plus que l’adversaire, c’est exactement ce que je vis sur le terrain 2, qui penche vers le but adverse en première mi-temps et vers le nôtre en deuxième.
Depuis ce soir-là, six matchs, six victoires. Sturm Graz et Milan en Ligue Europa, Aston Villa en League Cup, puis Sunderland, Manchester United et Leeds. Seize buts pour 16,4 xG, et plus un seul encaissé depuis le coup franc de Jordan Henderson. Huitième place.
Rose a ajouté : « On peut faire des erreurs, perdre, avoir un mauvais jour, mais la réaction est le plus important. Il ne nous manquait pas grand-chose, et maintenant il nous reste juste les derniers 5 % en tout. »
Les derniers 5 %. Chez moi, les derniers 5 %, c’est le délégué qui retrouve les cartes d’identité. Mais le principe est le même, à un terrain plat près, hein.
Il y a quarante ans, on appelait ça perdre. Maintenant on appelle ça des xG.
Lundi, j’ai affiché la phrase de Rose dans le vestiaire, à côté du tableau des cotisations. Mardi, elle était encore là. Un progrès.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Guardian.




