Le coup d’envoi était prévu à 20h45. Il a eu lieu vers 20h50. Cinq minutes, au Stade Roi Baudouin, pour une affaire de chaussettes : celles des joueurs français ne tenaient pas bien et provoquaient de l’inconfort.
Selon TF1, relayé par RMC, un préposé a dû retourner chercher des chaussettes plus adaptées dans le stock. Pendant ce temps, les Diables Rouges ont patienté dans les travées du stade, en attendant les Bleus.
Louise, notre stagiaire, a lu la dépêche de Walfoot trois fois. Elle a ouvert un nouvel onglet dans son carnet. L’onglet s’appelle « stock ».
Question bête, mais il existe donc, quelque part sous un stade, une pièce avec des chaussettes de réserve pour une équipe nationale, et une personne dont c’est le métier d’y courir. J’ai cherché le nom du poste. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait. On m’explique que le protocole d’avant-match est minuté à la seconde : les enfants, l’entrée, les hymnes. D’accord. Mais personne n’avait prévu la minute chaussette ? Au basket, ça n’existe pas, j’ai regardé : on joue en chaussettes courtes, elles ne tombent pas, elles n’ont nulle part où tomber.
Elle a aussi relevé un autre fait du noyau, noté en marge avec une flèche : lors d’un précédent match en Turquie, Zinedine Zidane avait pris du retard et manqué le début de La Marseillaise. Louise y voit un fil. Elle ne sait pas encore lequel.
Les joueurs belges, eux, ont attendu dans les travées. Louise voudrait savoir ce qu’on fait pendant cinq minutes dans un couloir, en tenue, prêt à jouer, devant une porte qui ne s’ouvre pas. S’ils ont parlé. De quoi. Si quelqu’un a regardé ses propres chaussettes, par précaution.
Moi, dans un couloir, j’aurais fait une causerie. Cinq minutes, c’est long, hein.
Louise a demandé à la rédaction si le préposé avait couru ou marché. Personne ne l’a vu. Bref, elle a encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : Walfoot.







