Le drapeau s’est levé. Le but a été annulé. Puis l’assistance vidéo a regardé, et le but a existé de nouveau. Bournemouth menait 1-0 à San Sebastián, sur un centre d’Adrien Truffert lancé par Evanilson.
Dans la rue, un supporter, Juan Iturralde, est sorti à 21h41 tirer une fusée de détresse. Une seule : c’est le code d’Anoeta, une pour les visiteurs, deux pour l’équipe locale, afin que les marins en mer sachent où en est le match. La tradition vient de l’ancien stade, Atotxa. Elle a survécu au déménagement.
Voilà deux façons d’annoncer un but. L’une prend une minute, un écran et trois avis. L’autre prend une allumette. Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre ce progrès-là. La VAR n’est pas un progrès, c’est un aveu : on ne fait plus confiance à l’homme au drapeau, alors on demande à la mer de confirmer. Enfin. C’est l’époque.
Rayan a doublé la mise à la 20e, d’une tête sur un long ballon bombé d’Alex Scott. Sergio Gómez a réduit le score à la 57e, d’un centre enroulé fini dans le petit filet opposé. Deux fusées pour celui-là. Le marin a eu l’information complète, sans ralenti et sans ligne tracée à l’écran.
Question bête, mais si le but est d’abord refusé et validé après, on tire la fusée quand ? Et si la vidéo l’annulait, on peut la rappeler ?
Il y avait 2.000 supporters anglais dans les tribunes, pour un premier match européen attendu 127 ans. L’entraîneur de Bournemouth, Andoni Iraola, est originaire de San Sebastián, la ville où il a débuté. Djordje Petrovic a gardé le 2-1 avec deux arrêts devant Orri Óskarsson dans les dernières minutes, dont un à cinq mètres dans l’ultime minute. Aucun écran n’a été consulté pour ceux-là.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Guardian.




