La Fédération turque de football a limogé son sélectionneur, Vincenzo Montella. Enfin, c’est le mot des journaux. Le mot de la Fédération, rapporté par RMC Sport, c’est celui-ci : « Il a été décidé de ne pas poursuivre avec notre entraîneur principal ». Je l’ai recopié dans mon carnet, onglet « phrases sans sujet ».
Question bête, mais qui a décidé ? « Il a été décidé. » Il, c’est qui ? Au basket, quand on remercie un coach, il y a un président sur la photo. J’ai regardé. Ici, c’est la tournure qui décide. J’ai relu la phrase dans le train de 7 h 32, trois fois. Le sujet n’est jamais monté à bord.
Et « ne pas poursuivre ». On ne dit pas « arrêter ». On dit « ne pas poursuivre », comme si on avait marché ensemble et qu’à un carrefour la Fédération avait pris à gauche. Pour le contexte, que j’ai noté dans l’onglet suivant : la Turquie a perdu ses quatre premiers matchs de Ligue des nations, contre la France, l’Italie, la Belgique et encore l’Italie. Zéro point. Montella était là depuis septembre 2023, quarante matchs, vingt et une victoires. Son contrat allait jusqu’à la mi-2028.
Le plus beau, c’est que Montella aussi a parlé, et lui avait un sujet : « Nous avons une équipe qui a combattu ensemble. Notre unité se poursuit de la meilleure façon qui soit ». Il a dit « se poursuit ». La Fédération a dit « ne pas poursuivre ». Ils utilisent le même verbe, dans deux sens. On m’explique que c’est comme ça depuis toujours, d’accord, mais encore ?
Chez moi, le président ne décide rien au passif. Il ne décide rien du tout, d’ailleurs. Il décide au conditionnel.
Le successeur n’est pas connu. La presse turque cite Arda Turan, 39 ans, entraîneur du Chakhtar Donetsk, comme favori. J’ai vérifié, et en fait personne ne sait. Il reste deux matchs, contre la Belgique à Izmir le 12 novembre, puis en France le 15. J’ai ouvert un onglet vide pour le nom. Bref, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Le fait est vrai, on a vérifié : RMC Sport.







