Thomas Müller a 37 ans. Il joue aux Vancouver Whitecaps. Et il raconte la Coupe du monde 2014 dans un podcast, qui s’appelle The Late Run. Un podcast. Je l’ai appris par mon hebdomadaire, qui l’a appris par VoetbalPrimeur, qui l’a entendu dans des écouteurs. Le chemin est long. Je ne critique pas. Je compare.
Le fait, donc. Brésil-Allemagne, 1-7. Müller dit avoir passé le dernier quart d’heure uniquement occupé à éviter David Luiz. Ils ont eu une discussion, a-t-il expliqué, parce qu’aucun des deux n’était content du comportement de l’autre. Quand le ballon arrivait et que David Luiz était proche, il disait ne pas en vouloir.
Il se souvient aussi de la mi-temps. « Nous nous sommes regardés dans le vestiaire à la mi-temps : 0-5. C’était vraiment arrivé », a-t-il dit. Le sélectionneur, Joachim Löw, avait demandé de terminer le match calmement et avec respect. Ensuite l’Allemagne a battu l’Argentine 1-0 en finale.
Calmement et avec respect. C’est la seule phrase de l’histoire que j’aurais pu écrire moi-même. En 1980, un homme menait de cinq buts, il remontait ses chaussettes et il attendait le coup de sifflet. Il ne racontait rien. Douze ans plus tard, il ne racontait toujours rien. Le souvenir restait au vestiaire, avec les crampons.
Aujourd’hui, un champion du monde garde une anecdote douze ans, puis la donne à un micro. Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre ce progrès-là, qui consiste à tout dire un jour, tranquillement, avec de la musique avant.
Marcel, un podcast, c’est juste la radio qu’on écoute quand on veut. Tu écoutes bien la RTBF.
Je lui ai répondu que la RTBF, je l’écoute quand elle passe. C’est elle qui choisit l’heure. C’est plus honnête. J’ai replié l’hebdomadaire à la page du résultat, 1-7, qui n’a pas changé depuis 2014. Je vérifie quand même. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : VoetbalPrimeur.be.





