Dimanche, Brighton a reçu Crystal Palace en Premier League. À la 7e minute, Diego Gomez a reçu le ballon dans le rond central. Il a vu que le gardien, Benitez, était trop loin de son but. Il a tiré. But. Ça, je n’ai rien à redire. Un tir de la ligne médiane, c’est un geste que j’ai connu. Il n’a pas changé.
C’est le reste qui a changé.
Deux jours avant, un supporter de Brighton avait écrit dans un tweet, je le traduis de Sporza : « Dimanche serait une journée formidable pour Diego Gomez pour marquer depuis la ligne médiane. » Le tweet a fait le tour du monde, paraît-il. Le but aussi.
En 1980, on faisait aussi des prédictions. À la friterie, le lundi, avec l’hebdomadaire ouvert. Le problème, c’est qu’on les faisait le lundi. Pour le match de la veille. On avait toujours raison. Personne ne nous a jamais cités.
Aujourd’hui, un homme écrit une phrase le vendredi et, le dimanche, un joueur la réalise. Je ne dis pas que c’est mal. Je dis que, de mon temps, l’avenir restait à sa place. Il arrivait le dimanche à trois heures, et on le découvrait ensemble, sous la drache.
Question bête, Marcel, mais vous en avez fait, vous, des prédictions avant le match ?
J’en ai fait une. Anderlecht-Standard 1976. J’avais dit qu’il pleuvrait. Il a plu. Je ne l’ai écrit nulle part. C’était une autre époque, on gardait ses exploits pour soi.
Pour le reste, Brighton menait déjà 1-0 sur un autobut avant ce but-là, 3-0 à la 10e minute, et le match s’est terminé sur 5-0. Selon Sporza, mener de trois buts en moins de dix minutes, c’est seulement la 9e fois dans l’histoire de la Premier League. Une compétition qui a moins d’histoire que moi. Notez que je ne suis pas contre le progrès. Je suis contre celui qui annonce les buts avant qu’on les voie. Enfin. C’est l’époque.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.






